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Santé des yeux : les gestes simples au quotidien

Santé des yeux : les gestes simples au quotidien

À partir de quand une gêne visuelle mérite-t-elle un avis ? Les yeux qui tirent, la vue qui se brouille en fin d’après-midi et la tête lourde après une longue journée relèvent presque toujours de la fatigue visuelle, et se corrigent en changeant l’installation plutôt que la vue. D’autres signes, en revanche, ne se négocient pas et imposent un examen rapide.

Les écrans fatiguent les yeux, ils ne les usent pas

Deux phénomènes se produisent devant un écran. On cligne beaucoup moins souvent, si bien que le film de larmes s’évapore et laisse cette impression de sable sous les paupières. Et l’œil reste accommodé sur une distance courte pendant des heures, comme un muscle maintenu contracté. Le résultat porte un nom, la fatigue visuelle : elle est réversible, elle n’abîme pas la rétine et elle ne rend pas myope, mais elle gâche les fins de journée.

La parade tient en une règle facile à retenir : toutes les vingt minutes, levez les yeux vingt secondes vers un point situé à cinq ou six mètres. Le temps de regarder par la fenêtre, et l’accommodation se relâche.

  • Placez l’écran à une longueur de bras, son bord supérieur légèrement sous le niveau des yeux.
  • Tournez le poste perpendiculairement à la fenêtre pour éviter reflets et contre-jour.
  • Ajustez la luminosité à celle de la pièce et ne travaillez pas dans le noir.
  • Agrandissez le texte plutôt que d’approcher le visage de l’écran.
  • Pensez à cligner franchement de temps à autre, notamment pendant les réunions à distance.

Quand l’œil devient sec

Air conditionné, chauffage, vent, port de lentilles, écrans, âge, certains traitements comme les antihistaminiques : les causes de sécheresse s’additionnent. Les larmes artificielles soulagent bien, en gouttes fluides dans la journée et en gel plus épais le soir, qui trouble un peu la vue mais tient toute la nuit. Si vous en utilisez plus de trois ou quatre fois par jour, ou si vous portez des lentilles, préférez les unidoses sans conservateur. Lorsque les paupières sont rouges et collées au réveil, un linge chaud appliqué deux à trois minutes, suivi d’un nettoyage doux du bord des cils, améliore souvent nettement les choses en quelques semaines — à condition de le faire tous les jours et non une fois de temps en temps.

Les porteurs de lentilles ont deux règles à ne pas négocier : ne jamais dormir avec, sauf modèle expressément prévu pour cela, et respecter la durée de port indiquée, en gardant une paire de lunettes pour les soirées où les yeux tirent.

Protéger ses yeux dehors

Les ultraviolets n’épargnent pas l’œil, et leurs effets s’accumulent au fil de la vie. Choisissez des verres portant le marquage CE, en catégorie 3 pour un usage ensoleillé courant, catégorie 4 en haute montagne. La teinte ne dit rien du filtre : un verre sombre sans protection est même pire que pas de lunettes du tout, puisque la pupille se dilate derrière. Les enfants ont un cristallin plus transparent et ont besoin de vraies lunettes, pas d’un accessoire de plage. Ajoutez une casquette à visière, redoublez de prudence sur l’eau et sur la neige qui renvoient la lumière, et ne regardez jamais le soleil en face, y compris à travers un verre teinté.

À quel rythme faire contrôler sa vue

Chez l’enfant, certains signes doivent conduire à un examen : il se rapproche beaucoup de l’écran ou du cahier, penche la tête, plisse les yeux, se plaint de maux de tête, saute des lignes en lisant, ou voit ses résultats scolaires baisser sans raison. Repéré tôt, un défaut visuel se corrige avant qu’un œil ne devienne paresseux.

À l’âge adulte, un contrôle tous les deux à trois ans suffit en l’absence de gêne. Il devient plus rapproché si vous portez des lentilles, si vous êtes diabétique, s’il existe un glaucome ou une dégénérescence maculaire dans la famille, et à partir de la cinquantaine. La presbytie, qui oblige à éloigner le journal vers quarante-cinq ans, n’est pas une maladie : forcer ne l’aggrave pas, cela fatigue simplement, et une correction adaptée rend la lecture au calme beaucoup plus agréable.

Quand consulter

  • Une baisse de vision brutale, même brève, même sur un seul œil.
  • Un œil rouge et vraiment douloureux, avec une vision floue, des halos autour des lumières ou des nausées : consultez en urgence.
  • Des éclairs lumineux, une pluie soudaine de points noirs, ou un voile qui descend comme un rideau.
  • Des lignes droites qui paraissent déformées ou une tache fixe au centre du champ de vision.
  • Une vision double apparue récemment.
  • Une projection de produit chimique : rincez abondamment à l’eau pendant plusieurs minutes, puis faites examiner l’œil sans attendre.
  • Une gêne persistante malgré les larmes artificielles, ou un corps étranger que le rinçage n’a pas délogé.

Entre une sécheresse passagère et une gêne qui s’installe, la frontière n’est pas toujours nette. Racontez-nous ce que vous ressentez en fin de journée : nous verrons si des larmes artificielles suffisent ou si un rendez-vous chez l’ophtalmologiste s’impose.

Rien ne remplace un examen de la vue : ces gestes du quotidien entretiennent le confort, ils ne renseignent pas sur l’état réel de vos yeux.

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