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Allergie aux pollens : s’y préparer et se soulager

Allergie aux pollens : s’y préparer et se soulager

Un rhume ne dure pas six semaines et ne revient pas chaque année aux mêmes dates. Beaucoup de personnes gardent malgré tout ce mot-là pendant des saisons entières, pour décrire un nez qui coule sans arrêt, des éternuements en salves et des yeux qui piquent dès les premiers redoux. Mettre le bon nom sur ces symptômes n’a rien d’un détail : une allergie saisonnière, à la différence d’un rhume, s’anticipe.

Ce qui se passe dans le nez et les yeux

Le pollen est un grain minuscule que le vent transporte parfois sur des dizaines de kilomètres. Chez une personne sensibilisée, le système immunitaire le traite comme un intrus et libère de l’histamine dans les muqueuses. D’où le tableau habituel : écoulement clair comme de l’eau, éternuements en série, démangeaisons du nez, du palais et des yeux, parfois une toux sèche. La fièvre, elle, n’a pas sa place ici : une température élevée oriente vers une infection et non vers une allergie.

Autre repère utile, les symptômes suivent la météo. Ils s’aggravent par temps sec et venté, s’apaisent après une bonne averse, et s’allègent souvent en bord de mer ou en altitude. Si votre gêne disparaît dès que vous changez d’air, l’hypothèse allergique se renforce nettement.

Il arrive aussi que la bouche picote en croquant une pomme crue ou une pêche pendant la saison des arbres. C’est ce que l’on appelle une allergie croisée : l’organisme confond certaines protéines du fruit avec celles du pollen. La gêne reste le plus souvent limitée aux lèvres et à la gorge, et le même fruit cuit passe sans problème. Une réaction plus étendue, elle, doit être signalée à un médecin.

Connaître son propre calendrier

Tous les pollens ne volent pas en même temps. Les arbres ouvrent la saison de la fin de l’hiver au printemps — cyprès, noisetier, bouleau, platane — puis les graminées prennent le relais de mai à juillet ; elles sont de loin les plus souvent en cause. Certaines herbacées, comme l’armoise ou l’ambroisie, prolongent l’affaire jusqu’aux premières fraîcheurs.

Notez les semaines où vous êtes gêné, deux ou trois années de suite. Ce petit relevé personnel vaut mieux que n’importe quelle moyenne : il vous dira quand commencer un traitement de confort quelques jours avant la vague, plutôt qu’en pleine crise, moment où tout est plus difficile à rattraper. Les muqueuses déjà enflammées mettent en effet plus longtemps à se calmer.

Réduire l’exposition, geste par geste

  • Aérez tôt le matin ou tard le soir, plutôt qu’en milieu de journée venté.
  • Rincez-vous les cheveux avant de vous coucher : ils retiennent le pollen et le déposent ensuite sur l’oreiller, pour toute la nuit.
  • Ne faites pas sécher le linge dehors pendant votre saison.
  • Roulez vitres fermées et faites changer le filtre d’habitacle de la voiture.
  • Portez des lunettes enveloppantes à l’extérieur : elles limitent réellement le dépôt sur la conjonctive.
  • Lavez-vous le nez au sérum physiologique ou à l’eau de mer en rentrant, penché en avant au-dessus du lavabo, pour évacuer ce qui s’est déposé dans la journée.
  • Déléguez la tonte de la pelouse si vous le pouvez ; sinon, mettez un masque et changez de vêtements en rentrant.

Se soulager sans ordonnance, et les limites de l’exercice

Un antihistaminique par voie orale calme les éternuements, l’écoulement et les démangeaisons ; certaines molécules restent un peu sédatives, ce qui compte si vous conduisez ou travaillez sur machine. Pour les yeux, un collyre antiallergique agit vite et localement. Pour le nez bouché, les lavages restent la base : les sprays décongestionnants ne se prennent que quelques jours, jamais davantage, sinon l’obstruction finit par s’entretenir toute seule.

Dites-nous toujours ce que vous prenez par ailleurs. Un traitement de la tension, un glaucome, une grossesse, un enfant en bas âge : chacune de ces situations modifie le choix, et certaines formes sont alors écartées. Si la saison est chaque année plus longue et plus lourde, parlez-en à votre médecin. Un bilan allergologique identifie le ou les pollens en cause, et une désensibilisation peut ensuite se discuter : c’est un traitement long, décidé et suivi médicalement, qui ne s’improvise jamais.

Quand consulter

  • Une gêne respiratoire : essoufflement, sifflement dans la poitrine, toux sèche qui réveille la nuit. L’allergie peut descendre vers les bronches et cela se traite.
  • Des symptômes qui résistent après une semaine de traitement bien suivi, ou qui vous empêchent de dormir et de travailler.
  • De la fièvre, des sécrétions épaisses et colorées, une douleur du visage qui augmente quand vous vous penchez : le tableau n’est plus celui d’une allergie.
  • Un œil rouge et douloureux, avec une vision qui baisse.
  • Un gonflement des lèvres ou des paupières, une urticaire qui s’étend, un malaise après un contact : consultez sans attendre.
  • Une gêne qui apparaît pour la première fois après cinquante ans, ou qui dure toute l’année sans saison identifiable.

Le bon moment pour préparer sa saison, c’est avant qu’elle démarre, pas au plus fort des crises. Notre équipe peut anticiper cela avec vous, en tenant compte de votre âge, des traitements que vous prenez déjà et du rythme de vos journées.

Une saison pollinique se prépare au cas par cas : des repères généraux ne décident ni de votre traitement ni du moment de le commencer, qui relèvent d’une consultation.

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