
Un traitement inhalé n’agit que s’il descend jusqu’aux bronches. Avec un aérosol-doseur, une part importante de la dose se dépose en réalité dans la bouche et la gorge, faute d’une synchronisation correcte entre la pression sur la cartouche et l’inspiration. On conclut alors que le médicament « ne marche pas », alors que c’est le trajet qui a échoué. Reprendre la technique de temps en temps, même après des années, n’a rien d’humiliant : les erreurs se réinstallent tout doucement.
L’aérosol-doseur, séquence complète
- Ôtez le capuchon et regardez le compteur de doses : un flacon presque vide se repère là, pas au bruit qu’il fait quand on l’agite, car le gaz continue de sortir longtemps après le médicament.
- Agitez le dispositif cinq secondes.
- Testez-le avant la première bouffée utile quand il sort d’un tiroir après plusieurs semaines, ou quand il n’a encore jamais servi : une ou deux pulvérisations vers le sol, jusqu’à obtenir un nuage franc.
- Tenez-vous assis ou debout, dos droit, menton légèrement relevé pour dégager la gorge.
- Expirez à fond, mais à côté de l’embout, jamais dedans.
- Placez l’embout entre les dents, refermez les lèvres, langue à plat vers le bas.
- Commencez à inspirer lentement par la bouche, puis appuyez sur la cartouche dans la première seconde de cette inspiration.
- Continuez d’inspirer lentement et profondément pendant quatre à cinq secondes, jusqu’à remplir les poumons.
- Retirez l’embout, gardez la bouche fermée et bloquez la respiration une dizaine de secondes, sans forcer.
- Soufflez doucement par le nez.
- Si une seconde bouffée est prescrite, attendez environ une minute et agitez de nouveau.
La chambre d’inhalation n’est pas réservée aux enfants
C’est l’outil qui résout la difficulté de coordination : la bouffée est libérée dans un volume intermédiaire, puis inhalée tranquillement. La quantité qui atteint les bronches augmente, celle qui se dépose dans la gorge diminue. Beaucoup d’adultes gagneraient à en utiliser une.
- Une seule bouffée à la fois dans la chambre : deux pulvérisations d’affilée s’agglomèrent et se perdent sur les parois.
- Adulte ou grand enfant : embout entre les lèvres, puis soit une inspiration lente suivie d’une apnée, soit cinq à six respirations calmes.
- Petit enfant : masque bien appliqué sur le nez et la bouche, sans espace sur les côtés, et cinq à six respirations tranquilles. Un enfant qui hurle inhale très peu ; mieux vaut attendre qu’il se calme.
- Nettoyage à l’eau tiède savonneuse une fois par semaine ou selon la notice, puis séchage à l’air libre, sans essuyer l’intérieur : le frottement crée une électricité statique qui retient le produit.
Les inhalateurs de poudre demandent l’inverse
Avec un dispositif à poudre, le souffle du patient remplace le gaz propulseur. Deux règles changent donc du tout au tout. D’abord, ne soufflez jamais dans l’appareil : l’humidité de l’expiration agglomère la poudre et bouche le mécanisme. Ensuite, l’inspiration doit être rapide, profonde et énergique, à l’opposé de l’inspiration lente de l’aérosol-doseur, puis suivie de quelques secondes de blocage. La dose se charge selon le modèle, souvent l’appareil tenu à l’horizontale. Ne rincez pas ces dispositifs à l’eau et gardez-les au sec. Enfin, il est fréquent de ne rien sentir passer : c’est normal, et l’absence de sensation ne prouve en rien que la dose soit perdue.
Après l’inhalation
Rincez la bouche et recrachez après chaque prise de corticoïde inhalé, et lavez le visage de l’enfant si vous avez utilisé un masque. Ce simple réflexe évite la voix rauque et les mycoses de la bouche.
Gardez en tête la différence entre les deux familles de traitements. Celui de fond se prend tous les jours, même quand la respiration est parfaite, précisément parce qu’il l’entretient. Celui de secours sert aux gênes ponctuelles. Un point mérite attention : si vous avez recours au traitement de secours de plus en plus souvent, si vous vous réveillez la nuit ou si l’effort devient difficile, cela signifie que l’asthme n’est plus bien contrôlé et qu’il faut en parler au médecin. Un traitement de fond ne s’arrête ni ne s’espace de sa propre initiative, même après plusieurs mois sans symptôme. Pensez aussi à anticiper le renouvellement avant que le compteur n’arrive à zéro, et à garder un dispositif accessible dans le sac.
Quand consulter
- Une gêne respiratoire qui ne cède pas après le traitement de crise : appelez le 15 sans attendre.
- L’impossibilité de finir une phrase, de parler ou de marcher normalement.
- Des lèvres, un visage ou des ongles qui prennent une teinte bleutée.
- Chez l’enfant : une respiration très rapide, un creusement entre les côtes ou sous les côtes, un enfant assis penché en avant.
- Des réveils nocturnes répétés, une toux qui apparaît à l’effort ou au froid.
- Un besoin croissant du traitement de secours d’une semaine à l’autre.
- Des symptômes qui débutent après un déménagement, l’arrivée d’un animal ou un nouveau médicament.
Apportez votre dispositif lors d’un prochain passage : nous pouvons vérifier le geste avec vous, ajuster la position et voir si une chambre d’inhalation vous simplifierait la vie.
En matière d’asthme, c’est le plan de traitement établi par votre médecin qui fait référence, et lui seul.
À lire aussi
Rubrique : Médicaments
