Médicaments

Médicament générique : ce qu’il faut savoir

Médicament générique : ce qu’il faut savoir

Le nom sur la boîte a changé, la couleur aussi, et le comprimé paraît plus petit : une substitution par un générique se remarque toujours au moment de ranger les achats. Le doute est légitime, surtout lorsqu’on prend le même traitement depuis des années. Il porte simplement rarement sur le bon élément : ce n’est pas la substance active qui change, ce sont les détails autour.

Même substance active, même dosage

Un générique est la copie d’un médicament dont le brevet a expiré. Il contient la même substance active, à la même quantité, sous une forme équivalente. Avant sa commercialisation, le laboratoire doit démontrer la bioéquivalence : autrement dit, prouver que la substance passe dans le sang de la même manière et dans les mêmes proportions que celle du médicament d’origine. La fabrication est soumise aux mêmes exigences de qualité et aux mêmes inspections, et l’autorisation de mise sur le marché est délivrée par la même agence.

Le prix, lui, est plus bas pour une raison simple : le développement initial, les années de recherche et les essais de grande ampleur ont déjà été financés. Le générique n’a pas à les recommencer.

Ce qui peut réellement changer : les excipients

Autour de la substance active, il y a tout le reste : ce qui donne au comprimé sa forme, sa couleur, son goût, son enrobage, sa capacité à se déliter au bon moment. Ces excipients peuvent différer d’un fabricant à l’autre, et c’est là que se situe la vraie vigilance.

Certains d’entre eux sont dits « à effet notoire » et figurent clairement dans la notice : lactose, amidon de blé, aspartame, sorbitol, sulfites, alcool, huile d’arachide, entre autres. Ils ne posent problème qu’à des personnes précises, mais pour celles-là, cela compte beaucoup. Un comprimé peut aussi être plus grand, plus difficile à couper, ou présenté dans une plaquette plus rigide — des détails sans importance pharmacologique qui pèsent au quotidien quand on a des mains douloureuses.

Le nom change, la DCI reste

La DCI, ou dénomination commune internationale, est le nom scientifique de la substance active. Il ne change jamais, quel que soit le fabricant, et il est le même dans la plupart des pays. C’est le repère le plus utile qui soit : il permet de reconnaître son traitement malgré un changement de boîte, de se faire comprendre à l’étranger, et surtout d’éviter les doublons.

Ce dernier point n’est pas théorique. Deux boîtes portant des noms différents peuvent contenir la même substance, notamment parmi les produits contre la douleur ou le rhume que l’on achète sans ordonnance. On additionne alors les doses sans le savoir. C’est précisément pour cela que nous demandons parfois à voir l’ensemble des boîtes en cours, y compris celles achetées ailleurs.

Quand la stabilité prime, et ce qu’il faut nous dire

Pour quelques traitements où le moindre écart compte — hormone thyroïdienne, antiépileptique, anticoagulant — on privilégie la continuité. Le médecin peut porter sur l’ordonnance la mention « non substituable » assortie de sa justification : elle est alors respectée telle quelle. Il est aussi possible de demander à conserver le même fabricant d’une délivrance à l’autre, dans la mesure des approvisionnements. À l’inverse, un refus sans motif médical peut conduire à avancer les frais, le remboursement se faisant ensuite sur la base du prix du générique.

Signalez-nous sans hésiter :

  • une intolérance au lactose, une allergie connue à un colorant, un régime sans gluten, une phénylcétonurie ;
  • un diabète, pour les formes sucrées comme les sirops ;
  • une difficulté à avaler ou à ouvrir la nouvelle plaquette ;
  • un pilulier préparé par une aide à domicile, que le changement d’aspect peut désorganiser ;
  • tout effet inhabituel apparu dans les jours suivant un changement de boîte.

Une chose enfin : si une boîte vous déroute, ne suspendez pas le traitement en attendant d’y voir clair. Un passage au comptoir, avec la boîte, règle la question en quelques minutes.

Quand consulter

  • Des signes évoquant une allergie : urticaire, gonflement des lèvres ou du visage, gêne pour respirer. Il s’agit d’une urgence, appelez le 15.
  • Des effets indésirables nouveaux dans les jours qui suivent un changement de fabricant.
  • Le retour de symptômes que le traitement contrôlait jusque-là.
  • Des résultats de suivi qui se dégradent : tension, glycémie, analyses de contrôle.
  • Une confusion dans les prises, ou deux boîtes trop ressemblantes dans le pilulier.
  • Un comprimé impossible à avaler ou qui reste bloqué dans la gorge.

Si le changement de boîte vous inquiète ou vous embrouille, apportez-la avec l’ordonnance : nous vous montrerons où lire la substance active et nous noterons vos préférences dans votre dossier.

Ces explications sont générales ; seule une évaluation individuelle par votre médecin ou votre pharmacien tient compte de l’ensemble de votre dossier.

À lire aussi

Rubrique : Médicaments