Médicaments

Armoire à pharmacie : trier et bien conserver

Armoire à pharmacie : trier et bien conserver

Une armoire à pharmacie n’est pas un lieu de stockage, c’est une réserve de dépannage. Dans les faits, elle devient l’endroit où l’on pose ce qui reste : la boîte entamée de l’hiver dernier, le tube sans bouchon, le sirop dont plus personne ne sait à qui il était destiné. Résultat, on ne trouve rien le jour où il faudrait aller vite, et le reste du temps tout cela traîne à hauteur d’enfant.

Le meilleur endroit n’est pas la salle de bain

C’est pourtant là qu’elle se trouve presque toujours. Or la vapeur des douches et les écarts de température y abîment les comprimés, font gonfler les effervescents et décollent les pansements. Préférez une pièce sèche, fraîche et sombre : un placard de couloir, une étagère haute de chambre, un meuble d’entrée. Évitez également la cuisine au-dessus des plaques, et la voiture, où la température grimpe très vite.

Deux exigences priment sur le confort. D’abord la sécurité : l’armoire doit être en hauteur, hors de portée et hors de vue des jeunes enfants, idéalement fermée à clé. Ensuite le froid, pour les produits qui l’exigent : ceux-là se placent entre deux et huit degrés, ni dans la porte du réfrigérateur où la température fluctue, ni collés à la paroi du fond où ils risquent de geler.

Ce qu’on y trouve utilement

  • Un thermomètre en état de marche, avec des piles neuves.
  • Un antalgique et antipyrétique adapté à chaque membre du foyer, dans la forme et le dosage qui conviennent.
  • Des sachets de solution de réhydratation orale si de jeunes enfants vivent à la maison.
  • Des compresses stériles, des pansements de plusieurs tailles, une bande, du sparadrap.
  • Un antiseptique cutané non coloré et du sérum physiologique en unidoses.
  • Une pince à échardes, des ciseaux à bouts ronds, des gants jetables.
  • La liste écrite des traitements en cours de chacun, et les numéros utiles : le 15, le 112 et le centre antipoison de votre région.

Le tri annuel, mode d’emploi

Videz tout sur la table, c’est la seule méthode qui fonctionne. Vérifiez ensuite la date de péremption sur le conditionnement au contact du médicament — la plaquette, le flacon — et pas seulement sur le carton : quand seul un mois est indiqué, le produit reste valable jusqu’au dernier jour de ce mois. Toute plaquette nue, sans nom ni date, part au recyclage sans discussion.

Gardez la notice avec la boîte : c’est elle qui contient les doses, les interactions et la conduite à tenir en cas d’oubli. Sur les flacons, sirops, gouttes, collyres et sprays, inscrivez au feutre la date d’ouverture, car leur durée de conservation entamés est bien plus courte que celle imprimée sur l’emballage. Écartez enfin tout ce dont l’aspect a changé : comprimé taché ou friable, gélule collée, sirop trouble, crème qui se sépare, odeur inhabituelle.

Un principe mérite d’être rappelé, car il est souvent contourné avec les meilleures intentions : les restes d’un traitement prescrit ne se conservent pas « au cas où » et ne se prêtent à personne, même à quelqu’un qui décrit exactement les mêmes symptômes. Une ordonnance est écrite pour une personne, un moment et un contexte précis.

Où vont les médicaments qui restent

Ni à la poubelle, ni dans l’évier, ni dans les toilettes : les substances actives se retrouvent ensuite dans l’eau. Rapportez-les à l’officine, où la filière nationale Cyclamed collecte les médicaments périmés ou non utilisés à usage humain. Conservez les plaquettes, flacons et tubes, avec ou sans reste dedans, et jetez séparément les cartons et les notices, qui se recyclent avec le papier. Rien ne vous empêche de retirer au préalable l’étiquette nominative ou l’ordonnance.

En revanche, cette collecte ne concerne ni les compléments alimentaires, ni les cosmétiques, ni le matériel comme les thermomètres. Les aiguilles et stylos usagés relèvent, eux, d’une boîte jaune spécifique remise gratuitement au comptoir pour les patients en autotraitement.

Quand consulter

  • Un enfant a avalé un médicament : ne le faites ni vomir ni boire, appelez immédiatement le 15 ou le centre antipoison, la boîte à la main.
  • Un comprimé a été pris dans une boîte dont l’étiquette est illisible ou dont vous ignorez le contenu.
  • Une éruption, des démangeaisons, un gonflement du visage ou une gêne respiratoire après une prise : appel du 15 en cas de signes respiratoires.
  • Une plaie qui rougit, gonfle, devient chaude ou douloureuse malgré des soins réguliers, surtout avec de la fièvre.
  • Une plaie souillée alors que la vaccination antitétanique n’est plus à jour.
  • Un doute avant de reprendre un médicament ancien pour un symptôme qui revient.

Vous pouvez nous apporter le sac de tri sans rien trier vous-même : nous ferons le point sur ce qui se garde, ce qui se remplace et ce qui part à la collecte.

Tri et conservation obéissent à des règles générales ; pour un produit précis ou une ordonnance en cours, l’avis de votre pharmacien prime.

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