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La trousse à pharmacie du voyageur

La trousse à pharmacie du voyageur

La trousse de santé se boucle souvent la veille au soir, au hasard des tiroirs : trois boîtes entamées, aucune notice, et rien contre les petits ennuis qui gâchent réellement un séjour. L’armoire de la maison en fournit le point de départ, mais elle ne se transpose pas telle quelle dans une valise. Ce qui fait une trousse utile tient à quatre choses : la quantité emportée, l’ordonnance qui l’accompagne, l’endroit où elle voyage et la température qu’elle subit.

Prélever dans l’armoire, sans la vider

Le nécessaire courant est déjà chez vous : de quoi calmer une douleur ou faire baisser une fièvre, de quoi nettoyer et couvrir une petite plaie, de quoi apaiser une piqûre. Inutile d’acheter une trousse toute faite : le travail consiste à prélever, produit par produit, la quantité qui correspond à la durée du séjour augmentée d’une petite marge, et à laisser le reste au placard.

Vérifiez au passage que la date de péremption couvre tout le voyage, retour compris : une boîte qui expire au milieu du séjour occupe de la place pour rien. Ne transvasez pas non plus les comprimés dans un boîtier à compartiments pour gagner du volume : un pilulier rend service à la maison, mais en voyage il transforme chaque comprimé en énigme, pour vous comme pour un soignant sur place.

Vos traitements en cours passent avant le reste

Si vous suivez un traitement régulier, il constitue la partie la plus importante du bagage. Comptez la durée complète du séjour, puis ajoutez quelques jours de marge : un vol annulé ou une correspondance manquée arrivent, et chercher un renouvellement à l’étranger un dimanche est une épreuve inutile.

Emportez une ordonnance en cours de validité et gardez chaque produit dans son emballage d’origine, avec sa notice. Pour l’étranger, demandez que l’ordonnance mentionne les substances actives, autrement dit la dénomination commune, et pas seulement le nom des boîtes : les mêmes molécules circulent ailleurs sous d’autres appellations, et cette précision permet à un confrère sur place de vous dépanner. Si vous partez à plusieurs, répartissez les boîtes entre deux bagages, pour qu’une valise égarée n’emporte pas tout le traitement.

En cas de décalage horaire important, les heures de prise se réorganisent parfois, surtout pour un traitement à horaire fixe : préparez cette adaptation avant le départ, avec votre médecin ou avec nous, plutôt qu’en vol, au jugé.

Ce que la destination ajoute

Le reste dépend du terrain, pas d’une liste universelle. La bonne question est celle-ci : qu’est-ce que ce voyage précis rend probable, et à quelle distance se trouvera la première pharmacie ?

  • randonnée : de quoi traiter une ampoule avant qu’elle ne s’ouvre, et une bande élastique pour une cheville tordue ;
  • climat chaud et humide : une protection contre les piqûres adaptée à l’âge de chacun, et des vêtements couvrants le soir ;
  • montagne et neige : le rayonnement y est bien plus intense qu’en plaine, d’où un indice élevé et un soin pour les lèvres ;
  • bord de mer : entre sable et eau salée, les petites coupures cicatrisent mal et demandent d’être couvertes plusieurs jours ;
  • bateau, autocar ou routes sinueuses : de quoi prévenir le mal des transports, à prendre avant de monter à bord ;
  • camping ou séjour isolé : davantage de matériel de soin, puisqu’il n’y aura rien à racheter à deux pas ;
  • voyage avec un jeune enfant : un thermomètre, et de quoi compenser vite les pertes en eau et en sels d’une gastro-entérite.

Certaines destinations relèvent en outre d’une préparation médicale à part entière : protection contre le paludisme, vaccinations exigées ou recommandées. Cela se décide en consultation, plusieurs semaines avant le départ.

En cabine, avec l’ordonnance

Tout ce qui est indispensable voyage sur vous. Un bagage en soute peut arriver avec deux jours de retard, et la soute est parfois très froide. Les restrictions sur les liquides existent, mais un traitement justifié par une ordonnance est en général accepté au-delà des volumes habituels : présentez le justificatif spontanément plutôt que d’attendre la question. Les objets piquants ou coupants, eux, restent en soute, sauf s’ils font partie d’un traitement documenté. Enfin, quelques pays encadrent strictement l’entrée de certaines substances, y compris banales chez nous : pour un traitement particulier, renseignez-vous auprès du consulat avant de partir.

La chaleur du trajet, souvent sous-estimée

Une boîte à gants, un coffre au soleil ou un sac posé sur le sable atteignent des températures que les médicaments ne supportent pas. Gardez la trousse avec vous, à l’ombre, plutôt que dans le coffre, et prévoyez une pochette isotherme pour ce qui craint la chaleur : suppositoires, crèmes, ovules, et tout produit à conserver au réfrigérateur. Dans la chambre, un placard fermé vaut mieux qu’un rebord de fenêtre.

Au retour, ne rangez pas la pochette sans l’ouvrir : ce qui a passé quinze jours dans une voiture ou au fond d’un sac de plage n’a pas été conservé dans de bonnes conditions, et les quantités entamées se recomptent tranquillement, longtemps avant le prochain départ.

Quand consulter

  • une fièvre pendant le séjour, ou dans les semaines qui suivent le retour d’une zone tropicale, même si elle paraît banale : signalez toujours votre voyage au médecin ;
  • une diarrhée avec du sang, une fièvre élevée, ou des vomissements qui empêchent de boire ;
  • une plaie qui devient rouge, chaude, gonflée ou de plus en plus douloureuse, et toute morsure d’animal, où qu’elle survienne ;
  • un mollet douloureux et gonflé, ou un essoufflement inhabituel après un long trajet immobile ;
  • la perte ou le vol d’un traitement indispensable à l’étranger : adressez-vous sans attendre à une pharmacie ou à un médecin sur place, sans interrompre le traitement de votre propre initiative ;
  • après une piqûre ou une prise de médicament, une réaction brutale : plaques étendues, lèvres ou paupières qui enflent, souffle court ou malaise — appelez les secours sur-le-champ.

Deux minutes au comptoir avec vos dates et votre destination valent mieux qu’une valise pleine de boîtes inutiles. Dites-nous qui part, pour combien de temps et vers où : nous compléterons ce qui manque et vous éviterons d’emporter le superflu.

Ces indications sont générales et ne se substituent pas à un avis personnalisé : ce qu’il faut réellement emporter dépend de votre santé, de la durée du séjour et de la destination.

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