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Diarrhée du voyageur : prévenir et réagir

Diarrhée du voyageur : prévenir et réagir

Elle arrive rarement au bon moment : le troisième jour du séjour, loin de la maison, avec un programme chargé. La diarrhée du voyageur est le trouble le plus fréquent en déplacement, surtout dans les pays où l’eau et la chaîne du froid ne sont pas gérées comme ici. Elle guérit le plus souvent seule en quelques jours, à condition de ne pas se tromper de priorité.

Ce qui se joue dans le verre et dans l’assiette

La contamination passe presque toujours par l’eau, ou par des aliments manipulés sans précaution. Quelques réflexes réduisent nettement le risque, sans transformer les vacances en parcours du combattant.

  • buvez de l’eau en bouteille capsulée, ouverte devant vous, ou de l’eau bouillie ou désinfectée ;
  • refusez les glaçons : ils sont faits avec l’eau du robinet ;
  • préférez les plats servis très chauds, cuits juste avant d’être mangés ;
  • épluchez vous-même les fruits et méfiez-vous des crudités rincées à l’eau courante ;
  • évitez les coquillages, les plats tièdes des buffets et les glaces artisanales ;
  • lavez-vous les mains avant chaque repas, ou utilisez une solution hydroalcoolique quand il n’y a pas d’eau sûre ;
  • gardez la bouche fermée sous la douche et brossez-vous les dents à l’eau en bouteille dans les zones à risque.

La vraie priorité, c’est de boire

Ce qui fait la gravité d’une diarrhée n’est pas le nombre de selles, mais la perte d’eau et de sels minéraux. Chez un adulte en bonne santé, boire abondamment suffit souvent. Dès que les selles sont très fréquentes, qu’il y a des vomissements, ou qu’il s’agit d’un enfant ou d’une personne âgée, la solution de réhydratation orale devient la mesure la plus utile de toutes, avant tout autre produit. Un adulte peut compléter avec de l’eau, un bouillon salé, une eau de cuisson de riz ou une boisson sucrée diluée, mais rien ne remplace la composition d’un sachet prévu pour cela, qui apporte le sucre et les sels dans les bonnes proportions.

  1. Diluez un sachet dans la quantité d’eau indiquée sur l’emballage, ni plus ni moins : une solution trop concentrée aggrave les choses.
  2. Utilisez une eau sûre, en bouteille si nécessaire, et préparez la solution au moment de la boire.
  3. Faites boire par petites gorgées rapprochées plutôt qu’un grand verre d’un coup, surtout en cas de nausées.
  4. Proposez-en de nouveau après chaque selle liquide, et jetez ce qui reste au bout de quelques heures.

Ce qui soulage, et ce qui demande un avis

Faut-il ralentir le transit ?

Un ralentisseur du transit peut dépanner le temps d’un vol ou d’un trajet en autocar, mais il ne soigne rien : il masque. Il n’a pas sa place s’il y a de la fièvre ou du sang dans les selles, ni chez le jeune enfant. Un pansement intestinal est plus neutre chez l’adulte et accompagne bien la réhydratation, mais il ne convient pas au tout-petit : les pansements intestinaux à base d’argile ne s’utilisent pas avant deux ans, et à cet âge la réhydratation seule est la conduite à tenir. Si l’état ne s’améliore pas, la décision d’un traitement supplémentaire appartient au médecin, sur place ou au retour.

Et l’alimentation ?

Inutile de rester à jeun. Remangez dès que l’appétit revient, en commençant par du riz, des pâtes, des carottes cuites, des bananes, du pain grillé. Mettez de côté pour quelques jours le lait, les crudités, les fruits crus autres que la banane, les plats gras et l’alcool. Le café, qui accélère le transit, se réintroduit en dernier.

Chez l’enfant, la marge est bien plus courte

Un petit se déshydrate beaucoup plus vite qu’un adulte, et d’autant plus vite qu’il est jeune. La solution de réhydratation orale n’est pas facultative : elle se propose très tôt, par petites quantités rapprochées, y compris après un vomissement, en attendant quelques minutes avant de reprendre. Chez un nourrisson, l’allaitement ou les biberons se poursuivent, en alternance avec la solution.

Surveillez le nombre de couches mouillées, l’aspect de la bouche, la présence de larmes et surtout le comportement. Un bébé anormalement mou, geignard ou difficile à réveiller doit être examiné rapidement, même si la diarrhée semble modérée. Emporter deux ou trois sachets de solution de réhydratation dans la valise coûte peu de place et évite d’avoir à en chercher un soir de week-end, dans une ville inconnue.

Quand consulter

  • du sang ou des glaires dans les selles, ou une fièvre élevée qui accompagne la diarrhée ;
  • des vomissements incessants qui empêchent toute réhydratation ;
  • des signes de déshydratation : soif intense, bouche sèche, urines rares et foncées, fatigue inhabituelle, vertige au lever ;
  • un nourrisson, une personne âgée ou une maladie chronique en cours : demandez un avis rapidement, sans attendre la fin du séjour ;
  • une diarrhée qui se prolonge au-delà de quelques jours, ou qui réapparaît dans les semaines suivant le retour ;
  • une douleur du ventre intense et localisée, différente des crampes habituelles.

Quand vos dates sont posées, faites-nous signe : vous repartirez en sachant reconstituer une solution de réhydratation et à quel moment elle passe avant tout le reste.

Ce texte donne des repères généraux : il ne remplace pas l’examen d’un médecin, seul à même de juger d’une situation précise.

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