
Boire de l’eau paraît la chose la plus simple du monde, et c’est pourtant l’un des sujets sur lesquels on nous pose le plus de questions. Combien faut-il vraiment ? Faut-il boire sans avoir soif ? Le thé compte-t-il ? Voici des repères pour une journée ordinaire, et ce qui change les jours de chaleur, d’effort ou de fièvre.
Quelle quantité, vraiment
Le chiffre que tout le monde cite, environ un litre et demi de boisson par jour, vise un adulte en bonne santé, plutôt sédentaire, vivant sous un climat tempéré. Il ne sort pas de nulle part : c’est à peu près ce qu’il reste à apporter par le verre une fois retranchée l’eau que fournit déjà l’assiette, puisque fruits, légumes, soupes et laitages en sont en grande partie constitués. Le corps, lui, en évacue sans arrêt, par les urines surtout, mais aussi par la respiration, la transpiration et les selles. Ce repère n’est donc pas une consigne à appliquer au décilitre près, et il monte dès qu’il fait chaud, que l’on bouge ou que l’on a de la fièvre.
L’eau du robinet fait parfaitement l’affaire. Le thé et le café comptent dans les apports, malgré leur légère action diurétique. Les tisanes, les bouillons et l’eau aromatisée avec une rondelle de citron ou quelques feuilles de menthe dépannent bien les personnes qui n’aiment pas l’eau nature.
Repérer un manque d’eau
Le meilleur indicateur du quotidien se lit dans les toilettes : des urines abondantes et de couleur claire signent une hydratation correcte, des urines rares et foncées appellent un verre d’eau. La soif, elle, est un signal tardif : elle apparaît quand le déficit a déjà commencé. Guettez plutôt les signes suivants.
- Une bouche et des lèvres sèches, une salive épaisse.
- Un mal de tête de fin de journée, une baisse d’attention.
- Une fatigue inhabituelle, un vertige au moment de se lever.
- Des selles dures et un transit ralenti.
- Chez une personne âgée, une somnolence ou une confusion d’apparition récente, un pli de la peau qui met du temps à s’effacer.
Les jours où il faut boire davantage
Forte chaleur, activité physique, fièvre, diarrhée, vomissements, allaitement : les pertes augmentent et le rattrapage doit être anticipé. Pendant une vague de chaleur, buvez par petites gorgées tout au long de la journée plutôt qu’un grand verre de temps en temps, gardez une bouteille à portée de main, humidifiez la peau et la nuque, et n’attendez pas d’avoir soif. Après un effort long pendant lequel vous avez beaucoup transpiré, l’eau seule ne suffit pas toujours : les repas normalement salés de la journée participent à la récupération, sans qu’il soit utile d’ajouter du sel dans son verre.
En cas de gastro-entérite, chez un enfant comme chez une personne âgée, la solution de réhydratation orale préparée avec de l’eau propre est l’outil adapté : elle apporte à la fois l’eau, les sels minéraux et un peu de sucre, dans les proportions qui permettent une absorption efficace. On la propose souvent, en petites quantités, y compris lorsqu’il y a des vomissements.
Installer le réflexe sans y penser
La régularité vaut mieux que les grandes quantités d’un seul coup, mal absorbées et rapidement éliminées. Une trame simple pour une journée :
- Un verre au réveil, avant le petit-déjeuner.
- Un verre d’eau posé à côté de chaque repas, et bu jusqu’au bout.
- Une carafe ou une bouteille bien visible sur le bureau ou le plan de travail.
- Un verre à chaque pause, au retour d’une course, après un trajet en voiture.
- Un dernier verre le soir, sans excès si vous vous relevez la nuit.
Deux nuances comptent beaucoup. Boire très au-delà de ses besoins n’apporte aucun bénéfice supplémentaire et peut, dans des situations extrêmes, diluer dangereusement le sodium du sang. À l’inverse, certaines personnes suivies pour une insuffisance cardiaque ou rénale ont une quantité de boisson limitée par leur médecin : cette consigne-là prime sur tout conseil général.
Les boissons à limiter
Les sodas, les jus de fruits même sans sucres ajoutés et les boissons sucrées de l’effort hydratent, mais apportent une charge de sucre dont on se passe très bien plusieurs fois par jour. L’alcool augmente les pertes urinaires : il désaltère mal et, par forte chaleur, il aggrave la situation. Quant aux boissons très caféinées enchaînées dans l’après-midi, elles pèsent surtout sur le sommeil.
Quand consulter
- Un nourrisson ou un jeune enfant qui refuse de boire, qui vomit tout, ou dont les couches restent sèches depuis plusieurs heures.
- Une diarrhée ou des vomissements qui se prolongent au-delà d’un jour ou deux, surtout chez un enfant, une personne âgée ou une personne fragile.
- Une personne âgée devenue somnolente, confuse ou anormalement fatiguée pendant une période de forte chaleur.
- Des urines très foncées, ou quasi absentes, malgré des boissons régulières.
- Une soif intense et inhabituelle accompagnée d’urines très abondantes, d’un amaigrissement ou d’une grande fatigue.
- Un malaise, des crampes, des maux de tête ou des nausées survenant en pleine chaleur ou pendant un effort.
Faire boire un proche âgé, un enfant ou une personne fragile relève parfois du casse-tête quotidien. C’est une situation que notre équipe rencontre souvent : un passage au comptoir permet en général de trouver deux ou trois astuces applicables dès le soir même.
Il s’agit de repères généraux, qui ne tiennent pas lieu d’avis médical individuel.
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Rubrique : Nutrition
