
Une soirée sur la terrasse, une nuit fenêtre ouverte, et la journée du lendemain se passe à se gratter. Selon l’endroit et la saison, le moustique n’est pas seulement une nuisance : dans certaines régions, il transmet des maladies, et s’en protéger devient une vraie mesure de santé. Tout repose sur trois choses simples : connaître les moments d’exposition, faire barrière, et utiliser correctement un répulsif.
Tous ne piquent pas aux mêmes heures
Le moustique commun de nos jardins pique surtout au crépuscule et pendant la nuit. Le moustique tigre, reconnaissable à ses rayures noires et blanches et bien installé dans le sud de la France, pique en journée, avec des pointes le matin et en fin d’après-midi. Dans les régions tropicales, ceux qui transmettent le paludisme piquent la nuit, ce qui rend la moustiquaire indispensable, tandis que d’autres maladies se transmettent en plein jour. Autrement dit, il n’y a pas d’heure sûre en soi : c’est la destination qui dicte le moment de la vigilance.
Faire barrière d’abord
Le tissu protège mieux que n’importe quelle lotion. Le soir, ou toute la journée en zone à risque, préférez des vêtements couvrants, amples et de couleur claire, car le moustique pique volontiers à travers un vêtement collant. Les chevilles et les pieds, souvent oubliés sous une table de terrasse, sont ses cibles préférées.
- dormez sous une moustiquaire, imprégnée d’insecticide en zone tropicale, bordée sous le matelas et sans accroc ;
- gardez les ouvertures équipées de grilles moustiquaires, ou fermées lorsque la climatisation fonctionne ;
- un simple ventilateur orienté vers le lit gêne réellement leur vol ;
- les diffuseurs électriques d’intérieur ont un intérêt dans une pièce fermée, en respectant la durée d’usage et l’aération indiquées ;
- les bracelets répulsifs, les applications sonores et les lampes à ultraviolets n’apportent pas de protection démontrée ;
- en extérieur, un serpentin ne protège que la zone immédiate, et seulement s’il n’y a pas de vent.
Le répulsif cutané : le bon produit, le bon geste
Un répulsif ne tue pas l’insecte, il rend la peau non attractive pendant quelques heures. Les substances réellement efficaces sont peu nombreuses et figurent en clair sur l’emballage. La concentration à choisir dépend de la destination et, surtout, de l’âge : certaines substances sont déconseillées chez le nourrisson, d’autres avant plusieurs années, et la grossesse relève de recommandations particulières. La notice indique toujours l’âge minimum et le nombre d’applications autorisées par jour ; c’est le premier point à vérifier, et nous le faisons volontiers avec vous, étiquette en main.
Appliquez le produit sur toutes les zones découvertes, en couche fine mais complète : une zone oubliée sera piquée. Jamais sous les vêtements, jamais sur une plaie ou un coup de soleil. Pour le visage, déposez le produit sur vos mains puis étalez en évitant les yeux et la bouche. Chez l’enfant, l’application est faite par un adulte, et jamais sur les mains, qui finissent dans la bouche. Lavez la peau au savon dès que la protection n’est plus nécessaire, et renouvelez après une baignade ou une forte transpiration. Les huiles essentielles réputées répulsives ne tiennent que très peu de temps et ne conviennent ni aux jeunes enfants ni aux femmes enceintes : elles ne remplacent pas un répulsif dans une région où une maladie circule.
Quand une protection solaire est également nécessaire, l’ordre compte :
- appliquez d’abord la crème solaire, sur une peau propre et sèche ;
- attendez une vingtaine de minutes qu’elle ait pénétré ;
- appliquez ensuite le répulsif par-dessus ;
- renouvelez la crème solaire plus souvent que d’habitude, le répulsif diminuant un peu son efficacité.
Autour de la maison, la chasse à l’eau stagnante
Le moustique tigre naît à quelques mètres de l’endroit où il pique, dans une quantité d’eau minuscule. Videz chaque semaine les soucoupes de pots de fleurs, les seaux, les jouets laissés dehors, les bâches et les pieds de parasol. Couvrez le récupérateur d’eau de pluie d’un voile fin, entretenez les gouttières, changez l’eau des vases et des gamelles d’animaux. Renverser ce qui peut retenir l’eau reste la mesure la plus efficace, et la seule qui agisse sur tout le voisinage.
Si une piqûre démange, nettoyez à l’eau et au savon, appliquez du froid quelques minutes et coupez les ongles des enfants. C’est le grattage qui abîme la peau et la surinfecte, pas la piqûre elle-même. Une crème apaisante, ou un antihistaminique par voie orale le soir, suffit le plus souvent à passer une bonne nuit.
Quand consulter
- une fièvre pendant ou après un séjour en zone tropicale, même plusieurs semaines après le retour : mentionnez systématiquement le voyage ;
- une piqûre devenue chaude, rouge sur une zone étendue, douloureuse, ou qui laisse écouler du pus ;
- un gonflement du visage, des lèvres ou de la gorge, une gêne respiratoire, un malaise : appelez les secours sans attendre ;
- des piqûres très nombreuses chez un nourrisson, ou une réaction locale démesurée chez un jeune enfant ;
- des douleurs articulaires, une éruption ou une fatigue marquée au retour d’une région où circulent la dengue ou le chikungunya ;
- un projet de voyage en zone impaludée : la protection à prévoir se décide en consultation, avant le départ.
Un doute sur le répulsif qui convient à un bébé, à une future maman ou à votre destination ? Nous comparerons les étiquettes avec vous : la substance et sa concentration ne se choisissent pas de la même façon selon l’âge et la région du monde.
Se protéger des piqûres est une chose, prévenir les maladies transmises en est une autre : avant un séjour en zone à risque, un avis médical s’impose.
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Rubrique : Voyage
