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Mal des transports : ce qui marche vraiment

Mal des transports : ce qui marche vraiment

Le mal des transports ne prévient pas : il suffit d’une route de montagne, d’un ferry un peu remuant ou d’un livre ouvert à l’arrière d’une voiture. La pâleur, la sueur froide, la salivation puis la nausée s’installent en quelques minutes, et le trajet devient interminable pour tout le monde. Rien de tout cela ne se commande, et la place que l’on occupe à bord pèse bien plus lourd qu’on ne l’imagine.

D’où vient cette nausée

L’oreille interne enregistre les mouvements et les accélérations, les yeux enregistrent ce qu’ils voient. Quand vous lisez en voiture, l’oreille interne signale des virages pendant que le regard, fixé sur une page immobile, affirme que rien ne bouge. Le cerveau reçoit deux messages contradictoires et déclenche la nausée. C’est pour la même raison que le conducteur, dont le regard anticipe la route, est presque toujours épargné.

Les enfants y sont plus sensibles que les adultes, et cette sensibilité s’atténue le plus souvent en grandissant. La fatigue, l’anxiété, une odeur forte, un estomac trop plein ou complètement vide aggravent la situation. Il ne s’agit donc pas d’un caprice ni d’un manque de volonté, mais d’un réflexe qu’on peut apprendre à contourner.

Ce qui se prépare avant de monter à bord

Le repas

Ni à jeun, ni trop lourd. Un repas léger, pauvre en graisses et sans alcool, pris une à deux heures avant le départ, met dans de bien meilleures conditions qu’un estomac vide, qui provoque des nausées à lui seul. Prévoyez de l’eau et de quoi grignoter sec : biscottes, pain, gâteaux secs. Chez l’enfant, un petit encas avant de partir vaut mieux qu’un goûter avalé dans les virages.

La place et le regard

Choisir sa place n’est pas un détail. L’idée est de s’installer là où le mouvement est le plus faible, et où le regard peut suivre le déplacement au lieu de le contredire.

  • en voiture, à l’avant si l’âge le permet, sinon au milieu de la banquette arrière, le regard porté loin devant sur la route ;
  • en autocar, dans les premiers rangs plutôt qu’au-dessus des roues arrière ;
  • en bateau, au centre du navire et le plus bas possible, en fixant la ligne d’horizon ;
  • en avion, au niveau des ailes, là où les mouvements sont les moins amples ;
  • en train, assis dans le sens de la marche, jamais à contresens.

Livres, écrans et jeux sont à ranger : ce sont les déclencheurs les plus efficaces qui soient. Une histoire écoutée, de la musique ou une conversation occupent tout aussi bien un enfant sans mobiliser son regard de près.

Pendant le trajet, quand ça monte quand même

Les gestes qui apaisent

Orientez l’aération vers le visage ou entrouvrez une fenêtre : l’air frais soulage vraiment. Desserrez le col, calez la tête contre l’appui-tête pour limiter les mouvements du cou, fermez les yeux et respirez lentement. Faites une pause dès les premiers signes : quelques minutes debout au bord de la route valent mieux que trente kilomètres d’acharnement. Les odeurs fortes, tabac froid, parfum, désodorisant de voiture, aggravent tout : aérez avant de partir.

Ce que la pharmacie peut proposer

Il existe des médicaments contre le mal des transports accessibles sans ordonnance, le plus souvent des antihistaminiques. Ils se prennent avant le départ, en général une demi-heure à une heure à l’avance, car ils sont peu utiles sur une nausée déjà installée. Leur effet indésirable principal est la somnolence : prudence si vous conduisez, et prudence encore en cas d’association avec un traitement sédatif ou avec de l’alcool. Certaines formes conviennent aux enfants à partir d’un certain âge ou d’un certain poids : c’est le premier point que nous vérifions au comptoir, avec les traitements que vous prenez déjà. Le gingembre, en infusion ou en gomme à mâcher, convient à certaines personnes sur des trajets courts, et les bracelets d’acupression n’exposent à rien, même si leur effet varie beaucoup d’un voyageur à l’autre.

Avec un enfant

Préparez de quoi faire face sans stress : un sac plastique, des lingettes, une serviette, un vêtement de rechange et une bouteille d’eau à portée de main. Après un vomissement, rincez la bouche, proposez à boire par petites gorgées et repartez calmement. Évitez enfin d’annoncer le mal des transports à l’avance à un enfant anxieux : l’appréhension y contribue beaucoup.

Quand consulter

  • des vertiges, des nausées ou des troubles de l’équilibre qui surviennent en dehors de tout déplacement ;
  • un mal des transports qui apparaît à l’âge adulte alors qu’il n’a jamais existé auparavant ;
  • des vomissements répétés qui empêchent de boire pendant plusieurs heures, en particulier chez un enfant ;
  • des maux de tête inhabituels, une baisse de l’audition, des bourdonnements ou une vision double associés aux vertiges ;
  • un traitement en cours dont vous ignorez s’il est compatible avec un médicament du mal des transports ;
  • des trajets réguliers devenus impossibles à supporter : un avis médical permet d’envisager d’autres solutions, y compris une rééducation adaptée.

Dites-nous quel trajet vous attend et qui voyage avec vous : nous vous orienterons vers la solution la plus adaptée à l’âge de chacun et à la durée du parcours.

Ce qui convient à la plupart des voyageurs ne convient pas à tous : un traitement habituel ou une grossesse justifient de faire vérifier votre cas avant le départ.

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