Parapharmacie

Bien prendre sa température : quel thermomètre, où, quand

Bien prendre sa température : quel thermomètre, où, quand

Poser la main sur un front est le premier geste de tout le monde, et le moins fiable qui soit. Une mesure correcte prend trente secondes : elle évite bien des inquiétudes inutiles et, à l’inverse, permet de repérer ce qui doit alerter. Encore faut-il le bon appareil, au bon endroit, au bon moment.

Quel thermomètre choisir

  • L’électronique à embout souple : le plus polyvalent et le plus fiable, utilisable par voie rectale, buccale ou sous le bras. C’est le premier choix pour une famille, et le seul vraiment adapté au tout-petit.
  • L’auriculaire à infrarouge : rapide et bien toléré, mais sensible à la position de l’embout et à la présence de cérumen. Il se réserve à l’enfant à partir de quelques mois et à l’adulte.
  • Le frontal sans contact : commode pour surveiller plusieurs fois dans la journée ou sans réveiller un enfant, plus sensible aux conditions ambiantes, à la transpiration et au passage du froid au chaud.
  • Le bandeau frontal à cristaux liquides : trop imprécis pour fonder une décision, à considérer comme un dépannage.

Les thermomètres au mercure ne sont plus commercialisés depuis longtemps. S’il en reste un dans un tiroir, il ne va ni à la poubelle ni dans l’évier : rapportez-le, il sera pris en charge comme un déchet spécifique.

Le site de mesure change le résultat

La voie rectale reste la référence, notamment chez le nourrisson. La mesure buccale donne en général quelques dixièmes de degré de moins ; la mesure sous le bras, la plus commode, est aussi la moins fidèle, souvent inférieure d’un demi-degré et parfois davantage. La voie auriculaire, bien réalisée, se rapproche de la rectale : il faut tirer légèrement le pavillon de l’oreille vers l’arrière pour dégager le conduit, et mesurer toujours du même côté.

Le principe important est là : on ne compare que ce qui est comparable. Suivre une fièvre en changeant de voie d’un jour à l’autre ne donne rien d’exploitable. Choisissez une méthode, gardez-la, et notez à chaque fois l’heure et le chiffre obtenu.

À partir de quand parle-t-on de fièvre

On retient habituellement le seuil de 38 °C, mesuré au repos, chez une personne ni trop couverte ni tout juste rentrée d’un effort. Entre 37,5 et 38 °C, on parle plutôt de fébricule. La température corporelle varie normalement au fil de la journée : plus basse le matin, plus haute en fin d’après-midi, et légèrement plus élevée en deuxième partie de cycle menstruel.

Surtout, le chiffre ne fait pas la gravité. Un adulte à 39 °C qui boit, parle et se déplace inquiète moins qu’un enfant à 38,5 °C prostré, geignard et refusant de boire. On soulage l’inconfort, on hydrate, on découvre légèrement, on maintient une pièce tempérée ; on ne cherche pas à ramener un chiffre à tout prix.

Le cas du nourrisson

Avant l’âge de trois mois, la voie rectale s’impose et la moindre fièvre change de statut : à partir de 38 °C, un avis médical est nécessaire le jour même, sans attendre de voir si cela passe. Pour la mesure, allongez le bébé sur le dos, jambes relevées, ou à plat ventre sur vos genoux. Utilisez un embout souple, avec un peu de vaseline, introduisez sur environ deux centimètres et maintenez fermement l’appareil jusqu’au signal, sans jamais quitter l’enfant.

Réservez ce thermomètre à cet usage, nettoyez l’embout à l’eau savonneuse tiède ou à l’alcool après chaque mesure, et vérifiez de temps en temps la pile : un appareil qui met anormalement longtemps à répondre mérite d’être remplacé.

Les erreurs qui faussent tout

  • Mesurer juste après un repas, une boisson chaude, un bain ou un effort : attendez une vingtaine de minutes.
  • Prendre la température d’un enfant emmitouflé ou endormi sous une couette épaisse.
  • Poser l’embout par-dessus un vêtement, ou glisser le thermomètre sous un bras humide.
  • Se fier à la main posée sur le front pour décider d’une conduite à tenir.
  • Utiliser le frontal sans contact à distance variable, ou en sortant du froid.
  • Ne rien noter, puis ne plus savoir si la fièvre monte ou descend.

Quand consulter

  • Nourrisson de moins de trois mois avec une température de 38 °C ou plus : avis médical le jour même.
  • Fièvre qui dure plus de quarante-huit heures chez l’enfant, plus de trois jours chez l’adulte, ou qui remonte après une accalmie.
  • Comportement inhabituel : somnolence, refus de boire, gémissements, enfant inconsolable ou anormalement mou.
  • Taches rouges ou violacées qui ne s’effacent pas lorsqu’on appuie dessus : appelez le 15 sans attendre.
  • Raideur de la nuque, convulsion, confusion, difficulté à respirer, vomissements répétés.
  • Fièvre au retour d’un pays tropical, même plusieurs semaines après le voyage.
  • Fièvre chez une personne âgée, une femme enceinte ou une personne dont les défenses sont diminuées par une maladie ou un traitement.
  • Température qui descend au-dessous de 36 °C avec frissons, teint gris ou malaise.

Un thermomètre s’achète une fois et sert des années : autant qu’il corresponde à ceux qui vivent chez vous. Expliquez-nous qui l’utilisera et dans quelles situations, notre équipe vous aidera à trancher et vous dira si celui que vous possédez déjà mérite encore votre confiance.

Ces indications générales ne dispensent pas de l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien devant une situation précise.

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