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Hémorroïdes : comprendre la crise et la soulager

Hémorroïdes : comprendre la crise et la soulager

Voir du sang sur le papier fait peur, et c’est souvent ce qui décide enfin à en parler. La crise hémorroïdaire compte parmi les troubles les plus répandus et les moins avoués : une période de constipation, des heures de route, les suites d’un accouchement, il n’en faut pas plus pour la déclencher. Elle se calme en général bien plus vite qu’on ne le craint lorsqu’on s’y prend correctement, encore faut-il ne pas mettre d’office toute douleur de cette région sur son compte.

Des coussinets normaux qui se congestionnent

Nous avons tous des hémorroïdes : ce sont de petits coussinets vasculaires du canal anal, qui participent discrètement à la continence. Le problème n’est donc pas leur existence, mais leur congestion. Deux tableaux se distinguent. Les hémorroïdes internes se manifestent surtout par du sang rouge vif qui tache le papier ou nappe la selle, en général sans douleur, avec parfois une sensation de pesanteur ou une petite masse qui sort à la poussée. Les hémorroïdes externes forment une boule sous la peau, à la marge de l’anus ; quand un caillot s’y forme, c’est la thrombose : une douleur brutale et permanente, avec une masse dure, bleutée, que l’on sent nettement au doigt.

Attention toutefois : toute douleur de cette région n’est pas hémorroïdaire. La fissure anale, très fréquente elle aussi, provoque une douleur vive au passage de la selle, comparée à un coup de lame, qui persiste ensuite de longues minutes, avec parfois un peu de sang rouge sur le papier. La prise en charge n’est pas la même. C’est une raison de plus de faire regarder plutôt que de supposer, surtout si les crises se répètent.

Ce qui déclenche une crise

La constipation arrive en tête, à cause des efforts de poussée répétés et des selles dures ; la diarrhée prolongée irrite tout autant. Viennent ensuite la grossesse et les suites de l’accouchement, la station assise prolongée, les longs trajets, le port régulier de charges lourdes, la chaleur, et parfois un repas très épicé ou très arrosé chez les personnes sensibles. Certaines périodes de la vie cumulent plusieurs de ces facteurs, ce qui explique les crises qui semblent survenir « sans raison ».

Passer le cap de la crise

Les gestes qui soulagent

  • Ramollissez les selles : légumes cuits, fruits, céréales complètes, et de l’eau répartie sur toute la journée.
  • N’attendez pas quand l’envie se présente, et ne restez pas dix minutes assis sur la cuvette à lire votre téléphone : cette position prolongée congestionne la zone.
  • Nettoyez à l’eau tiède, sans savon parfumé ni lingette alcoolisée, puis séchez en tamponnant, jamais en frottant.
  • En cas de thrombose, appliquez du froid : une poche de glace enveloppée dans un linge, une dizaine de minutes, plusieurs fois par jour.
  • Posez les pieds sur un petit marchepied aux toilettes : cette position redresse l’angle du rectum et réduit nettement l’effort de poussée.
  • Marchez plutôt que de rester assis sur une surface dure ; une bouée ou un coussin souple soulage au bureau et en voiture.

Ce que l’on trouve sans ordonnance

Les crèmes et les suppositoires à visée locale apaisent la douleur et protègent la muqueuse ; la crème s’applique sur la marge et, avec la canule fournie, à l’intérieur du canal, matin, soir et après chaque selle. Les veinotoniques par voie orale se prennent en cure courte pendant la poussée. Pour la douleur, un antalgique simple comme le paracétamol convient bien, à condition de respecter les doses ; l’aspirine, elle, est à éviter car elle favorise les saignements. Un laxatif doux peut dépanner quelques jours si le transit se bloque, sans dispenser de revoir l’alimentation.

Éviter que cela revienne

Une fois la crise passée, presque tout se joue sur le transit. Augmentez les fibres progressivement, sur deux à trois semaines, pour ne pas déclencher ballonnements et inconfort. Buvez régulièrement, marchez chaque jour, et méfiez-vous des laxatifs stimulants pris au long cours, qui finissent par entretenir le problème. Si vous êtes enceinte ou si vous venez d’accoucher, signalez-le : toutes les formes ne conviennent pas à ce moment de la vie, et des options adaptées existent. Enfin, une crise qui revient plusieurs fois par an mérite un avis : des traitements réalisés en consultation, simples et rapides, existent avant d’envisager quoi que ce soit de plus lourd.

Quand consulter

  • Un saignement abondant, répété, ou qui persiste plusieurs jours.
  • Du sang foncé, mêlé à la selle, ou des selles noires : ce n’est pas le profil d’une hémorroïde.
  • Une douleur intense que rien ne calme, ou une boule très dure apparue brutalement : vue dans les tout premiers jours, une thrombose peut bénéficier d’un geste simple.
  • De la fièvre, un écoulement de pus, une zone rouge et chaude autour de l’anus.
  • Aucune amélioration après une semaine de traitement local bien conduit.
  • Un premier épisode après cinquante ans, un amaigrissement, une modification durable du transit, ou un antécédent familial de cancer digestif : le diagnostic doit être posé par un médecin, jamais supposé.

Le sujet n’a rien d’embarrassant pour nous : posez la question au comptoir, à voix basse si vous préférez, notre équipe a l’habitude d’y répondre et de vous orienter vers la bonne forme.

Une gêne anale mérite d’être regardée de près : ces conseils de confort ne disent rien de la cause, que seul un examen peut préciser.

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